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Discours & Allocutions
26.10.2016

Table ronde sur la gestion du secteur forestier à l’ère du « Tout-Economie en vue du tout social », du 6 au 7 octobre 2016, à Brazzaville.


Justification de la table ronde

Dans la perspective de l’émergence à l’horizon 2025, le Congo a pris l’option de diversifier son économie en s’appuyant sur l’économie verte. Les désappointements enregistrés ces dernières années dans le secteur pétrolier conforte ce choix stratégique et place d’emblée le secteur forestier au cœur de cette préoccupation nationale. Cette propension est d’autant plus justifiée que le secteur forestier, quoi qu’étant le deuxième pourvoyeur national d’emplois directs et indirects, et ne contribuant à la formation du PIB qu’à hauteur de 5,6%, recèle encore d’un important potentiel de biens et services dont la valorisation pourrait accroître, de manière significative, l’impact positif du secteur au développement socio-économique du pays.

En effet, la forêt congolaise renferme un potentiel ligneux commercialisable estimé à 170 millions de m3. Sur les 2 millions de m3 que l’on peut y extraire chaque année sans compromettre sa durabilité, seuls 1,5 millions de m3 sont exploités. Cependant, cette production n’est pas transformée localement à la hauteur des prescriptions légales et réglementaires, causant ainsi : 

  1. Une perte sur la création de la valeur ajoutée liée à la filière bois ;
  2. Un déficit de transfert de technologie dans le pays et ;
  3. Un manque à gagner pour le pays, dû, à l’augmentation de l’importation des produits finis.

Notre pays regorge par ailleurs, d’une diversité biologique et des paysages d’une valeur inestimable, susceptibles de servir de base aux activités cynégétiques et touristiques. Un réseau de 17 aires protégées, occupant 13% du territoire national, est dédié à la conservation de ce précieux patrimoine. De nombreux autres produits et services peuvent être fournis par les forêts ainsi que les écosystèmes associés, et que l’on pourrait valoriser, notamment dans le contexte actuel caractérisé par l’économie « carbone » et la promotion de la valorisation non ligneuse de la forêt. On peut citer, entre autre : les services éco-systémiques valorisables aux fins de paiement pour services environnementaux (PSE) ; les molécules  extraites de plantes, valorisables dans l’industrie pharmaceutique ; la diversité des produits forestiers non ligneux (PFNL), fortement demandés sur les marchés intérieur et extérieur ; le carbone stocké dans les plantations forestières et développées  en savane aux fins de générer des crédits carbone valorisables sur les marchés habilités ; les produits non ligneux issus des plantations forestières, tels que la résine de pin, les huiles essentielles d’Eucalyptus, etc., très prisés sur le marché international, etc.

Vision

Le potentiel susmentionné constitue un éventail d’opportunités qui permettraient au pays, à l’issue d’une série de réformes, de passer de la logique d’une économie forestière centrée sur le bois, notamment la grume, à une logique de diversification des activités et des revenus du secteur, en vue d’augmenter les revenus par hectare de forêt. La finalité est de contribuer à l’accroissement des revenus de l’Etat et à l’amélioration du bien-être des populations, à l’aune « du tout économie en vue du tout social », prôné par Son Excellence Denis SASSOU-N’GUESSO, Président de la République, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet de société « La marche vers le développement », au cours du quinquennat 2016-2021. Telle est la vision que le département en charge de l’économie forestière, se propose de partager avec tous ses partenaires, à l’occasion de la tenue d’une table ronde, sous le thème : la gestion du secteur forestier à l’ère « du tout économie » en vue du « tout social ».

Constats liminaires 

La table ronde sera également l’occasion d’interpeller les partenaires  sur certaines contreperformances du secteur, en pointant du doigt quelques faits identifiés à ce jour, d’ordre structurel ou conjoncturel, qui pour certains, plombent l’essor du secteur. Ces constats pourront alimenter les débats au sein des ateliers. Il s’agit essentiellement des constats ci-après :

  • Le non-respect des engagements contractuels par certains partenaires ;
  • La non visibilité de la contribution du secteur forestier à l’Economie nationale ;
  • Le non-respect du principe légal de la transformation plus poussée du bois ;
  • Le déficit de l’offre locale en produits ligneux manufacturés de base ;
  • L’inexistence de l’engagement des partenaires à promouvoir les plantations forestières, tant au niveau de leur concession que dans le cadre du Programme  National d’Afforestation et de Reboisement (ProNAR) ;
  • L’insuffisante implication des communautés locales dans la gestion des aires protégées, du reste, centrée essentiellement sur la conservation pure ;
  • L’absence de rémunération de l’effort national de conservation, sous forme de paiements pour services environnementaux (PSE).

Objectifs de la table ronde

D'une manière générale, la table ronde vise à susciter une dynamique  sectorielle nouvelle, axée sur la participation effective du secteur à la diversification de l’économie nationale afin d’accroître son impact  socio-économique, à l’issue d’une série de réformes.

Plus spécifiquement, elle permettra :

  1. D’identifier les leviers susceptibles de booster la transformation plus poussée du bois ;
  2. De proposer les modalités d’un approvisionnement soutenu du marché local en produits ligneux manufacturés ;
  3. De proposer des schémas de l’ouverture du capital des sociétés aux nationaux (contenu local) ;
  4. De proposer des outils susceptibles de catalyser l’impact positif de la valorisation des aires protégées sur les communautés locales et autochtones ;
  5. De proposer des modalités d’éligibilités des aires protégées, des séries de conservation et des anciennes coupes annuelles aux paiements pour services environnementaux ;
  6. De proposer des modalités de généralisation des Unités Pilotes d’Aménagement, de Reboisement et d’Agroforesterie (UPARA) et d’implication de tous les partenaires dans le Programme National d’Afforestation et de Reboisement (ProNAR) et enfin ;
  7. De créer les conditions d’une documentation effective et exhaustive des recettes générées par le secteur, en vue d’une visibilité de son apport au PIB national.

Une participation massive et active, gage de leur engagement à soutenir la vision du Chef de l’Etat relative à la diversification de l’économie nationale, est attendue des administrations sœurs, des sociétés forestières, des partenaires de la conservation de la biodiversité, des organisations socio-professionnelles et de la société civile, des personnalités, etc.

     Fait à Brazzaville, le 03 octobre 2016

     Rosalie MATONDO

     Ministre de l’Economie Forestière,

     du Développement Durable et de l’Environnement


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