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Discours & Allocutions
07.10.2015

Intervention du Ministre Henri DJOMBO à la conférence internationale sur l'action sur le climat local au Panel de Haut Niveau à Hanovre, le 02 octobre 2015 sur le thème : « l’action locale pour des solutions ».


Intervention du Ministre à Hanovre le 2 octobre 2015

 

Madame Barbara HENDRIX, Ministre fédérale de l'Environnement d'Allemagne,

Monsieur Stefen WENZEL, Ministre de l'Environnement de la Basse Saxe,

Distingués participants,

Mesdames et Messieurs,

C'est pour moi, un plaisir et un honneur d'être de nouveau parmi vous pour partager avec vous l'expérience d'un pays d'Afrique sur le thème "les Actions locales pour des Solutions" pour lutter contre les changements climatiques. 

Je voudrais avant tout réitérer mes remerciements à Madame Barbara HENDRIX et à Monsieur Stefen WENZEL de m'avoir invité à prendre part à ce Panel de haut niveau, une des étapes préparatoires de la COP-21 de Paris.

Je remercie également les organisateurs de la présente conférence sur l'action climatique, pour l'accueil chaleureux qui a été réservé à la délégation qui m'accompagne et à moi-même et des commodités offertes pour nous assurer un agréable séjour à Hanovre.

 

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, l'année 2015 est déterminante car elle a permis l'adoption, la semaine dernière à New York, de l'Agenda de Développement Post 2015 et des Objectifs de Développement Durable qui viennent compléter ceux du Millénaire pour le Développement. Elle l'est également en raison des enjeux de la COP 21 sur les changements climatiques ou Conférence Paris Climat 2015 qui se tiendra en décembre 2015, c'est-à-dire dans deux mois jours pour jour et qui devrait aboutir à la signature d'un nouvel accord sur le climat. Cet accord, nous le voulons tous juridiquement contraignant et appuyé par des engagements chiffrés des pays à travers leurs Contributions Prévues Déterminées au Niveau National (CPDN ou INDC en anglais).

Le Gouvernement de la République du Congo avait ratifié la CCNUCC et son Protocole de Kyoto, ainsi que la plupart des accords multilatéraux sur l'environnement. Le Congo est ainsi engagé aux côtés des autres pays membres de la Communauté Internationale pour rechercher les solutions aux problèmes globaux qui minent notre planète depuis quelques décennies. 

Nous sommes conscients que les solutions à ces problèmes globaux intéressent au premier chef les villes et les communautés locales. C'est ainsi qu'à toutes les actions que l'Etat entreprend, les parties prenantes sont de plus en plus impliquées, notamment les ONG, les Associations, le secteur privé, le secteur public, sans oublier les communautés locales et les populations autochtones.

Le Congo a élaboré sa Stratégie Nationale de Développement Durable en associant toutes les parties prenantes, il en sera de même dans sa mise en œuvre, comme pour l'élaboration de la Stratégie Nationale REDD+ et des sauvegardes environnementales et sociales. Les Communautés locales ont eu à s'exprimer et leurs préoccupations ont été prises en compte dans ces documents stratégiques.

Il reste l'épineux problème de financement de ces programmes dont on espère qu'une solution durable sera trouvée à Paris, dans le cadre d'une négociation inclusive, différente de celle de Copenhague.

 

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez aussi, le Congo est un pays en développement, faisant partie du deuxième bassin hydrologique et forestier le plus important du monde. Il possède peu d'industries et le secteur agricole y est peu développé. Il a donc un très faible taux d'émission de gaz à effet de serre. Les principaux secteurs émissifs de ces gaz sont le transport, l'énergie, les cimenteries et la déforestation. Mais compte tenu de sa couverture forestière qui représente 65% du territoire national, soit 23 millions d'hectares de forêts naturelles, et de la politique de gestion durable des forêts qui y est menée, le bilan est en faveur de l'absorption de ces gaz que de leur émission. On peut s'en convaincre, à travers le taux de déforestation brute égal à 0,08%, soit 17 000 ha. par an, qui se situe parmi les plus bas au monde. En effet, ayant placé au cœur de son action l'aménagement forestier et la certification forestière, mon pays entend faire aménager la totalité des concessions forestière au plus tard le 31 décembre 2016 et en faire certifier la majeure partie à moyen terme. Déjà 2,5 millions d'ha de forêts sont certifiés FSC, représentant 32,5% des forêts mondiales certifiées FSC, donc selon les standards les plus exigeants, prouesse qui résulte d'un engagement politique réel. Ainsi, mon pays est devenu un modèle de gestion durable des forêts tropicales, reconnu par la communauté internationale, comme une expérience positive.

La République du Congo, pays peu émetteur de gaz à effet de serre,a soumis dans les délais prescrits sa Contribution Prévue Déterminée au Niveau National en matière de changement climatique. Elle présentera cette contribution en termes de calcul de ses futures émissions de gaz à effet de serre à la COP21. Elle a également chiffré ses besoins en moyens pour l'adaptation aux changements climatiques et l'atténuation de ses effets.

Dans cette contribution, la plupart des secteurs de développement et de consommation du pays ont été analysés en vue de calculer les émissions d'un scénario tendanciel et d'un scénario bas carbone conditionnel, tant en 2025 qu'en 2035, ainsi que les coûts correspondants.

En matière forestière, dans un scénario bas carbone conditionnel, les reboisements prévus devraient largement compenser la déforestation non planifiée, qui elle-même sera contenue au maximum. Le Président de la République a lancé le programme de reboisement 2016 - 2025, visant la mise en place d'un million d'hectares de plantations forestières multi spécifiques, en vue d'accroître le domaine forestier permanent et la capacité nationale de séquestration de carbone, de diversifier l'économie et de lutter contre la pauvreté. Le secteur privé est sollicité pour y investir massivement, moyennant des incitations variées, dont la gratuité des terres. 

Dans le cadre de ce programme, les plantations de palmiers à huile seront installées en savane, les meules de charbon de bois seront améliorées, comme les foyers de combustion individuelle, et l'ensemble des forêts en concessions sera certifié.

L'agriculture verra la mise en valeur de 50% des savanes en 2035, avec une amélioration des productions vivrières traditionnelles, mais également le développement de productions à haute efficacité, permettant d'atteindre la sécurité alimentaire, en utilisant du matériel biologique améliorée et peu d'engrais et de pesticides dans les pratiques de l'agroforesterie. Ce développement serait le fruit d'une association entre des agro-industries transformatrices des produits et de coopératives d'agriculteurs maîtrisant le foncier.

L'investissement dans l'industrie, les mines et les cimenteries sera fortement sollicité de façon à contribuer à la diversification de l'économie. Dans la perspective bas carbone, il sera fait appel essentiellement à l'énergie électrique ou à la biomasse, elle-même issue des plantations du secteur agricole et des déchets de bois.

L'empreinte carbone de la consommation des ménages ainsi que des transports sera impactée par un accès général de la population à l'électricité, ainsi qu'à la culture et aux commodités modernes, le développement des transports en commun et celui du tourisme.

Le mix énergétique résultant, actuellement à 75% d'origine renouvelable, pourraient s'abaisser à 50% dans un scénario tendanciel et revenir à 75% d'origine renouvelable dans le scénario bas carbone. Ceci serait obtenu par l'exploitation des grandes ressources hydroélectriques du pays pour l'alimentation des villes et des industries. En milieu rural l'électricité serait davantage fournie par des centrales à biomasse ou par des micro-barrages, moins coûteuses et assurant une alimentation de proximité.

Au total dans un scénario tendanciel les émissions seraient multipliées par trois en 2025 et par 6 en 2035, alors qu'elles ne seraient multipliées que par 1,5 et 3 respectivement. Dans l'espoir que la contribution annuelle supplémentaire prévue par la communauté internationale interviendra, la République du Congo pourra s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2025.

Le secteur de la conservation de la biodiversité méritera une attention particulière et un développement conséquent pour servir de levier à l'écotourisme qui fera du pays une destination internationale privilégiée. Les capitaux investis jusqu'ici dans les lodges sont allemands, c'est pourquoi, dans ce cadre, je souhaiterais une coopération plus accrue.

Mon pays s'engage, avec la communauté internationale, à assurer le succès la COP-21, afin que soit signé à Paris un accord international contraignant sur le climat. Les contributions cumulées à ce jour nous éloignent encore de l'objectif – 1,5 degré d'augmentation de la température moyenne globale d'ici à 2050 –. Si en un siècle et demi cette augmentation a eu lieu entre 0,5 et 0,85 degrés Celsius à cause des mauvais modèles de production et de consommation qui ont prévalu jusqu'ici, et que nous enregistrons les températures actuelles en été, imaginons donc si l'on multipliait par 2,5 ou par 4 cette évolution, ce que nous subirions dès les années à venir. 

Retenons une chose : la planète Terre n'est pas menacée, c'est la vie humaine et les écosystèmes naturels qui le sont. Soyons donc solidaires, car même la compétition économique aura perdu de sens si nous persistions dans nos égoïsmes et dans nos comportements suicidaires.

 

Je vous remercie.


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