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Discours & Allocutions
27.10.2014

Discours du Ministre du Développement Durable, de l'Economie Forestière et de l'Environnement à l'occasion du lancement officiel du PRONAR. Brazzaville, 6 novembre 2011

Lancement officiel du PRONAR par le Président de la République à Yié dans le district d’Ignié, département du Pool


Le Ministre Henri DJOMBO prononçant son discours relatif au lancement officiel du ProNAR le 06 novembre 2011 à Yié

Le Ministre Henri DJOMBO prononçant son discours relatif au lancement officiel du ProNAR le 06 novembre 2011 à Yié

A l’occasion de la commémoration de la 25ème édition de la Journée nationale de l’Arbre, et du lancement officiel le 06 novembre 2011 par le Chef de l’Etat, du Programme National d’Afforestation et de Reboisement (PRONAR) dans la localité de Yié à 60 km de Brazzaville dans le district d’Ignié, département du Pool, le ministre du développement durable, de l’économie forestière et de l’environnement, M. Henri Djombo, a prononcé un discours à travers lequel il a défini les multiples objectifs du PRONAR ainsi que le rôle primordial que le gouvernement va jouer dans la mise en œuvre de cet ambitieux programme.

Voici l’intégralité de ce discours.

 Excellence Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Monsieur le Président de la Conférence des Ministres Africains de l’Environnement,

Monsieur le Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de missions diplomatiques,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisation internationales régionales et sous-régionales,

Monsieur le Préfet du Département du Pool,

Monsieur le sous Préfet du District d’Ignié,

Mesdames et messieurs les Représentants des partis politiques et de la société civile,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Le 6 Novembre de chaque année, la journée de l’arbre est célébrée comme une tradition qui rappelle a la fois le devoir du citoyen de planter, ce jour-là, au moins un arbre d’essence forestière ou fruitière et l’importance que l’arbre revêt, le symbole qu’il représente dans notre vie commune. En décidant de lancer cette année le Programme Nationale d’Afforestation et de Reboisement, en sigle PRONAR, ce jour 6 Novembre 2011, au cours d’une cérémonie de lancement qui coïncide avec la célébration de la 25eme Journée Nationale de l’Arbre, nous en soulignons l’importance et en consolidons le symbole.

Je suis particulièrement honoré de prendre la parole en cette circonstance singulière et remercie sincèrement Monsieur le Président de la République d’avoir rehaussé de son charisme l’éclat de la présente cérémonie.

 Excellences,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

 Il nous parait légitime de le rappeler, c’est à Pointe-Noire en 1975 que, pour la première fois au monde, fut mis au point le clonage en vraie grandeur des arbres, en l’occurrence l’eucalyptus. Ce résultat spectaculaire de la recherche forestière congolaise a pu donner lieu à une révolution mondiale dans le domaine de la sylviculture. Depuis lors, notre pays se cherche dans la valorisation de ces acquis. Sur la base de ces techniques éprouvées, 50 000 hectare d’eucalyptus et de pins ont été plantés autour de Pointe-Noire et ont fait la fierté de notre capitale économique.

Réalisées dans d’autre département du pays, des superficies moins importantes ont permis de développer quelques espaces boisés en savane, a partir des mêmes espèces exotiques et de l’acacia, et de créer 10 000 ha d’enrichissements en essences locales comme le limba, l’okoumé, le sipo, le sapelli, l’ayous, etc, dans les zones de forets naturelles surexploitées ou dégradées.

Aujourd’hui, en matière de plantation forestière, cette expérience unique en Afrique sub-saharienne place le Congo en tête du peloton, constitue un atout dans la coopération avec d’autres pays et lui ouvre de nouvelles perspectives pour la valorisation de son capital naturel, la diversification de son économie et la création d’emplois décents.

 Lors de la cérémonie d’ouverture de la 64ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le 22 Septembre 2010 , session consacrée au changement climatique, Monsieur le Président de la République nous a  interpelés sur la valorisation des avancées Congolaises dans le domaine du reboisement, à travers une initiative nationale de grande envergure, un mouvement général pour écologie qui puisse impliqué les forces vives dans une épopée verte.

 C’est  pourquoi, dans le cadre du chemin d’Avenir et à l’occasion de l’année internationale des forets, le Gouvernement a décidé de conduire, dans la périodes de 2011-2020, un programme visant à mettre en place ,sur l’ensemble du territoire national, un million d’hectares de plantations forestières, en associant les collectivités et communauté locales, le secteur privé, les familles, les particuliers et la société civile, qui dispose d’un capital humain énorme, y compris les congrégations religieuses.

 Apres les leçons qui seront tirées de l’expérience acquise durant cette première phase, d’autres programmes suivront de 2020 à 2040.

Ainsi, les associations, les forestiers, les miniers, les pétroliers, les transporteurs, les industriels, les banquiers, les assureurs, les commerçants, les entreprises de construction et de toutes les autres, étrangers et nationaux, sont invités a acquérir des terres et à investir dans l’exploitation des services écologiques, dans la plantation d’arbre et dans la création de massifs forestiers en fonction des objectifs qu’ils visent.

Les acquisitions nouvelles de terres s’effectueront sur la base d’autorisations expresses d’occupation, de baux emphytéotiques et de cessions à titre onéreux ou gratuit strictement réglementées.

L’accès à la terre est un préalable à prendre en compte dans le contexte actuel, car aucun développement rural intègre ne peut être atteint si la question foncière entrave l’occupation légale et la mise en valeur des terres par les secteurs agropastoral et sylvicole. L’occupation des terres sera facilitée et sécurisée pour tous les usagers, et les taxes relatives à la délimitation, au bornage et à l’immatriculation des terrains suffisamment incitatrices pour les mises en valeur envisagées.

L’action concertée des ministères concernés devra permettre de mettre en place des procédures claires et diligentes, et de les porter à la connaissance des populations et des usagers. Ces précautions visent à prémunir les promoteurs de plantation forestière et agricoles des actes d’escroquerie, d’abus de confiance et d’intimidation, et à prévenir la spéculation foncière et les atteintes contre l’environnement et le droit de propriété.

Dans le cadre de l’exécution de ce programme, le Service National de Reboisement (SNR) est responsabilisé pour développer les plantations domaniales, étendre le domaine forestier permanent et fournir une assistance technique aux projets publics, privés, communautaires ou individuels qui désirent et possèdent des terres à reboiser.

Cependant, compte tenu de l’ampleur du programme, d’autres organismes publics ou privés compétents en sylviculture seront sollicités, eux aussi, pour mettre en place des plantations domaniales et ou assurer, a des couts compétitifs, une assistance technique adéquate aux promoteurs de projets.

Excellences,

Distingué invités,

Mesdames et Messieurs,

 L’objectif du PRONAR est multiple :

  •   atténuer la pression anthropique qui s’exerce sur les forêts naturelles en réduisant la déforestation et la dégradation des sols,
  • mettre en valeurs des terres inaptes aux cultures vivrières et à l’élevage,
  • créer des activités économiques et des revenus durables, particulièrement en milieu rural,
  • assurer un meilleur approvisionnement du pays en bois d’œuvre, d’énergie, d’industrie et de service,
  • promouvoir les produits forestiers non ligneux tels que les huiles essentielles, les résines, les biocarburants, le miel, les fruits et légumes, les plantes médicinales et bien d’autres,
  • préserver et enrichir la diversité biologique,
  • lutter contre la sécheresse, les érosions et la dégradation des sols,
  • créer une plus grande capacité nationale de séquestration du carbone dans le contexte de l’atténuation des effets du changement climatique,
  • assurer l’émergence de l’économie verte et d’une croissance soutenue, à la fois comme un moyen efficace de mise en œuvre et une déclinaison du développement durable, dans le contexte de la lutte contre la pauvreté dans notre pays, en incluant les zones rurales,
  • créer plus de 50 000 emplois en milieu rural,
  • contribuer à l’industrialisation du pays en le dotant des possibilités variées de productions, notamment :

·  de panneaux agglomérés, lattés, lamellés collés, de fibres à haute et moyenne densité,

·  de contreplaqués,

·  de pâte à papier et de papier,

·  de biocarburants et autres énergies propres,

·  d’huiles essentielles,

·  de médicaments et de produits de beauté,

·  de parquets, de portes et fenêtres,

·  de meubles,

·  de menuiseries intérieures et de charpentes,

·  de fours améliorés,

·  de maisons en bois,

-   etc….

 Le transfert des technologies concernant ces activités spécifiques sera assuré par leurs promoteurs qui installeront des chaines de production performantes et respectueuses de l’environnement, ainsi que des centres de formation et les bases-vie de leurs personnels.

De son côté, le gouvernement contribuera au renforcement des capacités locales qui manquent crucialement à l’économie, à l’éclosion de nombreux corps de métiers, à travers la formation et le déversement sur le marché de l’emploi des personnels qualifiés, spécialisés et compétitifs. Dans cette perspective, un premier centre de formation aux métiers de la forêt et du bois, parmi ceux déjà prévus, devra commencer à se mettre en place dès 2012, dans le cadre du partenariat public – privé – communauté internationale.

L’accélération de la transition vers l’économie verte, à travers la multitude d’activités qu’engendra le PRONAR, repose sur les mesures d’accompagnement que le gouvernement prendra, en dehors des avantages économiques et fiscaux déjà prévus dans la charte des investissements, en particulier l’octroi des exonérations spécifiques, le désenclavement des zones à planter, l’assainissement de l’environnement des affaires et la mise en place des financements internes publics et privés, des dons et des aides spéciales provenant des partenariats divers.

 Ce programme bénéficiera également des appuis des mécanismes financiers internationaux dédiés aux forêts et au climat. Les études de base en cours, menées avec le concours de la Banque Mondiale et de la FAO, détermineront les contours de ces interventions.

 A cet égard, le mécanisme de Réduction des Emissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+), que notre pays met actuellement en oeuvre dans deux initiatives coordonnées avec les Nations Unies et la Banque Mondiale, devra prendre en compte les efforts de gestion durable des forêts naturelles et assurer une contribution importante au financement des plantations forestières, y compris les fonds nécessaires à la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

 Il s’agit encore de ces questions qui seront débattues d’abord la 17è COP sur le climat, puis au Sommet de Rio+20, où le continent africain parlera d’une seule voix, à travers le Président Denis SASSOU NGUESSO, porte parole de l’Afrique.

Le programme National d’Afforestation et de Reboisement intègre les priorités du cadre des dépenses à moyen terme. Le gouvernement en assurera annuellement le financement à travers des moyens librement affectables, destinés à soutenir les actions de base du Service National de Reboisement, l’appui aux petits et moyens planteurs, la recherche forestière, la formation et la coordination des projets, et à garantir, au titre des engagements de l’Etat, les contreparties locales liées aux multiples partenaires qui naîtront autour de cette initiative.

Excellences,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Parallèlement aux mutations attendues, le secteur forestier poursuivra l’effort engagé dans la gestion durable des forêts naturelles.

C’est  pourquoi,  les entreprises dont les concessions forestiers ne disposent pas l’horizon 2015, les forêts de production soient totalement aménagées et qu’une grande partie en soit certifiée.

Dans ce contexte, je rends hommage aux sociétés CIB et IFO qui ont déjà dépassé ces étapes et fait certifier leurs forêts, tout en demandant aux autres professionnels du bois de suivre leur exemple.

Comment pourrait - on, sans industrie du bois intégrée ni technologies performantes, s’assurer une gestion durable de la forêt ? C’est pourquoi,  il est urgent que les usines à bois se restructurent fondamentalement et qu’elles améliorent sensiblement leurs rendements industriels, en mettant fin aux unités réalisant moins de 50% de rendement matière. Il  s’agit  d’inverser la tendance actuelle afin de garantir une productivité élevée et de satisfaire prioritairement les besoins des marchés intérieur et sous-régional en produits finis.

Les industries formelles sont appelées également à pourvoir aux besoins en bois des grandes villes, afin de lutter contre les coupes frauduleuses observées dans certains départements, encouragées par les marchés que développent ces villes. Il va falloir sévir davantage afin que les abattages illicites de bois soient totalement éradiqués là où ils subsisteraient encore, même s’ils ne représentent à présent qu’une part très marginale de la production nationale des bois.

A cet égard, on peut se réjouir des résolutions que les professionnels du bois ont prises à Pointe Noire, lors de leur rencontre qui a réuni plus de 500 participants à la fin du mois de septembre 2011. De nombreuses entreprises y ont apporté leur savoir-faire et exposé des produits finis, dont des meubles, des portes et fenêtres, des maisons en bois, faisant de ce forum une occasion d’échanges entre producteurs et consommateurs des bois d’Afrique Centrale.

 En ce qui concerne le taux de transformation locale des bois et malgré le redressement progressif que connaît actuellement le secteur forestier après la crise financière mondiale, 2012 servira d’année test sur le respect des 85% des bois à traiter obligatoirement dans le pays.

 La légalité et la transparence des pratiques forestières demeurent des leitmotivs pour tous. L’entrée en vigueur dans près d’un an de l’accord de partenariat volontaire que notre pays a conclu avec l’Union Européenne doit amener les acteurs à se familiariser avec ses dispositions et les procédures qu’il édicte, afin de toujours garantir l’entrée de leurs produits sur les marchés intérieurs et extérieurs du bois.

 De même, l’attention des entreprises est attirée sur l’exécution des engagements pris par elles vis-à-vis de l’Etat, de leurs travailleurs, des autorités locales et des populations riveraines, dans le cadre des conventions et des cahiers de charge particuliers, dont le non respect constitue des actes d’illégalité, sanctionnés par l’accord.

Par ailleurs, sur la base des consultations engagées auprès des parties prenantes en raison des évolutions observées au plan international sur les forêts et le climat, le processus de révision de la loi 20-2000 du 20 novembre 2000 portant code forestier et de la loi 003/91 du 23 avril 1991 portant sur la protection de l’environnement doit s’accélère et s’achèvera à la fin de l’année 2011, comme base juridique des nouvelles politiques de ces secteurs.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Sur le site de Yié où vous avez bien voulu patronner la cérémonie de lancement du PRONAR, les corps d’Etat, les représentants des missions diplomatiques, des organisations internationales, régionales et sous-régionales, du secteur privé, des entreprises publiques et parapubliques, de la société civile dans son ensemble et des populations locales, ainsi que de nombreux invités venus de l’étranger, sont rassemblées pour planter 150 000 arbres d’eucalyptus, de pins et d’acacias, sur une surface totale de 100 hectares, échantillon symbolique du premier millier d’hectares de ce programme qui démarre ce 6 novembre 2011.

Dans la discipline, un effort soutenu et le temps imparti, nous planterons la totalité des arbres, chacun dans la parcelle attribuée au groupe auquel il appartient, sous le thème : Plantons des arbres pour notre avenir.

 Je vous invite très respectueusement à bien vouloir procéder au lancement du PRONAR, en donnant le coup d’envoi du planting d’arbres.

Je vous remercie.


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