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Discours & Allocutions
26.10.2016

Discours d’ABOU BAMBA sur les textes de la Convention d'Abidjan


Convention d'Abidjan, M. ABOU BAMBA prononçant son allocution

M. le Directeur de Cabinet, Représentant Madame la Ministre de l’Economie Forestière, du Développement Durable et de l'Environnement ;

Monsieur le Directeur général du Développement Durable ;

M. le Point Focal de la Convention d’Abidjan ;

Chers experts ;

Honorables invités,

Les espaces marins et côtiers constituent le socle du développement économique des Etats-Parties à la Convention d’Abidjan. La zone de la Convention d’Abidjan est l’un des écosystèmes les plus riches au monde. Elle est balayée par endroits par des « upwelling » qui favorisent à leur tour la pêche intensive. Elle abrite:

 

  • Avec plus de 50% de la population vivent dans la zone côtière et les prévisions de croissance urbaine prédisent une augmentation de ce taux,
  • La quasi-totalité de nos infrastructures portuaires et aéroportuaires, installations industrielle et touristiques,
  • Des habitats côtiers et marins comme les récifs coralliens, les mangroves aux terres arables propices au développement de la riziculture et 
  • Les Aires marines protégées, parcs et réserves qui préservent des échantillons représentatifs de la biodiversité de la Convention d’Abidjan,
  • La Zone côtière constitue le poumon de nos économies.

En dépit de leur valeur et importance pour la région, la biodiversité et les écosystèmes côtiers et marins de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Sud subissent le contrepoids considérables de la : gouvernance sectorielle, les plantes envahissantes (sargasum) entravent le développement des activités économiques des communautés locales, des effets adverses des changements climatiques suite entre autre à la hausse des températures entrainant une augmentation du niveau de la mer, l’érosion côtière et des pollutions de diverses natures:

 

  • Activités pétrolières et gazières en croissance dans les pays de la Convention d’Abidjan
  • Les eaux de ballastes
  • Les exutoires des eaux usées domestiques et autres périmètres hydro agricoles
  • Les débris marins.

Et tant d’autres maux qui concourent à peindre un tableau sombre d’un habitat qui aurait du être la vitrine de nos Etats et îlot de prospérité si toute fois les potentiels économiques bleus sont débloqués à travers une gestion concertée.

Mesdames messieurs, la rencontre de ce matin appelle à  un changement de paradigme. Des efforts supplémentaires sont requis pour s’élever au niveau des défis imposés par la nature des ressources que nous sommes appelés à gérer.

Les Etats ont demandé au Secrétariat de traiter les problèmes auxquels sont confrontés les bassins fluviaux et l’environnement marin et côtier par le biais de la gestion intégrée des bassins hydrographiques et le contrôle de la pollution des ressources terrestres, (GIZC). C’est ainsi que le Secrétariat de la Convention d’Abidjan a entrepris le développement du protocole additionnel sur la GIZC.

Les réunions d’Accra, au Ghana et celle de Lomé au Togo ont permis:

 

  1. La mise en place du groupe d’experts
  2. L’élaboration et l’adoption technique du draft de l’avant-projet de protocole additionnel et de ses annexes soumis ce matin à consultation nationale.

 

Concernant la MANGROVE

 

Les écosystèmes de mangrove sont localisés le long de la façade atlantique Est et couvrent l’ensemble des 22 pays de la Convention d’Abidjan.

 

Des disparités de densités sont certes notées dans la répartition géographique de cet écosystème : 

 

 

  • Forte concentration dans le Grand Courant du Golfe de Guinée notamment le Nigéria et la Guinée Bissau
  • Faible couverture dans le BCLME et le CCLME mais les mangroves du nord CCLME et Sud restent pertinentes pour les aspects de recherche

 

Importance : 

 

Ces écosystèmes sont importants pour la Pêche car étant des Zones de nurserie et de frayère pour les poissons et les crevettes. Ces écosystèmes protègent également nos habitations côtières et insulaires, fournissent des rendements rizicoles à l’hectare 3 fois supérieur que les écosystèmes continentaux et constituent des puits de carbone.

 

Néanmoins, on note une perte de l’ordre de 23% des surfaces de mangrove en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ceci est dû :

 

 

  • Conversion pour diverses raisons (riziculture, aquaculture, tourisme, l’urbanisation, …)
  • Bois comme source d’énergie
  • Endiguement (routes, pistes,…)
  • Baisse de la pluviométrie qui entraine une salinisation des eaux et des sols notamment dans les pays du CCLME
  • Endiguement (barrages, digues, routes,…)
  • Croissance démographique en zone côtière.

 

Durant des décennies, les Etats ont développé des stratégies nationales et transfrontières pour lutter contre la dégradation des écosystèmes de mangrove : 

A côté de ces projets et programmes, s’ajoutent les efforts de protection des mangroves à travers leur classement en AMP et autres aires protégées.

A y voir de plus près, ces expériences avaient besoin d’être complétées par une approche plus globale prenant en compte la circulation générale des courants océaniques et la gestion des filières. En Effet, la recrudescence des activités d’exploitation pétrolières et gazières aux menaces et risques incommensurables sur les écosystèmes côtiers oblige les Etats à penser global.

Le besoin s’est fait donc sentir d’étendre la charte à la façade atlantique Est. Les Etats Partis à la Convention d’Abidjan ont donc donné un mandat au Secrétariat d’élaborer un protocole additionnel sur la gestion durable des mangroves.

Pour opérationnaliser ces décisions des CoP, le secrétariat de la convention d’Abidjan a organisé plusieurs réunions qui ont abouti à :

 

  1. La mise en place du groupe d’experts
  2. L’élaboration du draft de l’avant-projet de protocole additionnel.
  3. L’élaboration des annexes au-dit protocole
  4. Réfléchi sur le développement d’un programme régional de gestion durable des mangroves de la Mauritanie à l’Afrique du Sud.

 

 

Pour ce qui est des Normes ET STANDARDS

Concernant le protocole sur les normes et standards environnementaux liés aux pétrole et au gaz, l’on constate l’émergence et l’intensification des activités de recherche et d’exploitation pétrolières et gazières le long de la façade atlantique Est d’une part et d’autre part, l’on reconnait l’inexistence de cadres règlementaires régionaux de coopération, la faible capacité technique et financière de réaction en cas de catastrophe par une pollution due aux hydrocarbures, les Parties Contractantes à la Convention ont demandé au Secrétariat d’élaborer un protocole pour répondre au besoin ci-dessus.

A cet effet, une série de réunions ont permis de :

 

 

  1. passer en revue les différentes activités pétrolières et gazières offshores et de mettre en place le groupe de travail.
  2. définir les axes majeurs du protocole additionnel et la feuille de route pour l’adoption du présent protocole en cours d’élaboration
  3. amender et adopter l’avant-projet de protocole élaboré par un consultant d’une part et d’autre part, a initié les consultations nationales afin de partager le document avec l’ensemble des acteurs nationaux concernés par la problématique du pétrole et du gaz offshore.
  4. adopter sous réserve les annexes de ce protocole additionnel et d’élaborer une feuille de route pour des consultations nationales.

 

La feuille de route sur les consultations nationales a été acceptée par tous. A l’heure où je vous parle, la Gambie, la Guinée et la Guinée Bissau viennent de conclure leurs consultations nationales. Dans les prochaines semaines la Mauritanie, le Sénégal ainsi que les autres pays organiseront les leurs.

 

Politique de gestion intégrée des Océans    

Thème de la prochaine CoP12, la politique régionale de gestion intégrée des océans vient compléter les documents d’orientation et de politique de la Convention d’Abidjan tel que souhaité par les Etats-Parties.

 

M. le Directeur de Cabinet du Ministre de l'Economie Forestière, du Développement Durable et de l'Environnement,

Mesdames, Messieurs

Vous vous demandez naturellement que fait que la Convention d’Abidjan pour ses Etats, pour les parties prenantes et pour les communautés locales ultimes bénéficiaires des actions étatiques.

Malgré les contraintes financières du Secrétariat liées au non- paiement des cotisations et arriérées de cotisation des Etats- Parties, nous avons pu conduire avec succès le processus d’élaboration  des outils régionaux de coopération. 

Nous, au niveau du Secrétariat avons pu mobiliser 4,5 millions d’Euros sous de forme de projet financé par le Ministère Allemand de l’Environnement et de la sécurité nucléaire pour une gestion intégrée des océans s’appuyant sur la formation des acteurs nationaux, la planification spatiale marine, l’élaboration des rapports sur l’environnement et l’identification et la définition des aires d’importances biologiques.

De même, l’USAID à travers le projet WABICC appuie le Secrétariat de la Convention d’Abidjan pour lutter contre les espèces envahissantes ainsi que leur valorisation, la résilience des communautés et espèces aux changements climatiques et la lutte contre le commerce illicite de la faune sauvage.

Pour ce qui concerne les pollutions, d’un montant de 350.000 Euros, la FONDATION MAVA a accepté de financer le Projet d’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre du protocole additionnel relatif aux normes et standards environnementaux liés aux activités pétrolières et gazières offshores en Afrique de l’Ouest, du Centre et du Sud qui est donc une suite logique à cet important protocole unique en son genre pour nos Etats.

D’autres projets notamment le BANC BLEU, La GESTION DE LA BIODIVERSITE DANS LES AIRES AU DELA DES JURIDICTIONS NATIONALES, FISH FOR FOOD SECURITY, COASTAL FISHERIES SECURITY, permettront au Secrétariat de mobiliser plus de 10 millions d’Euros d’ici juin 2017.

Les Etats sont donc invités à appuyer la mise en œuvre de ces projets mais surtout d’initier des idées de projets pour que le Secrétariat puisse les appuyer dans la mobilisation des ressources tant humaines, matérielles que financières afin de répondre aux sollicitations légitimes des communautés locales.

Nous voici ce matin au bout du tunnel d’un long et exaltant processus de revitalisation de la Convention d’Abidjan qui a démarré officiellement à Johannesburg en 2007.

L’heure n’est pas encore au bilan certes, mais je note avec satisfaction les résultats accomplis de 2007 à nos jours. Parmi ceux-ci figurent :

 

  1. Amendement des textes de la Convention d’Abidjan
  2. Protocole sur la GIZC
  3. Protocole sur la gestion durable des Mangroves
  4. Plan d’urgence régional de lutte contre la pollution par les hydrocarbures 
  5. Protocole normes et standards environnementaux sur le pétrole et le gaz offshore.

Un processus participatif, itératif et intégré a permis la validation technique par les experts régionaux des différents documents de coopération ci-dessous mentionnés.

Objectifs de la réunion   

La rencontre de ce matin a pour objectif d’informer les Etats-Parties  de la Convention d’Abidjan, particulièrement la République du Congo sur l’existence des accords de Coopération en cours d’élaboration et d’autre part de permettre aux experts nationaux d’échanger et de formuler des observations et recommandations sur les Avant-Projets de protocoles additionnels ci-dessus ainsi que le texte de la Convention d’Abidjan.

Remerciements  

 

  1. Le Ministère allemand de l’Environnement, de la Conservation de la Nature, de la Construction et de la Sureté Nucléaire à travers GRID Arendal pour avoir financé la rencontre de ce matin ; financement qui s’inscrit dans le cadre global du projet de Gestion intégrée des Océans
  2. La Coopération Suédoise pour avoir appuyé l’ensemble des protocoles soumis aujourd’hui à consultations nationales et le processus de revitalisation de la Convention d’Abidjan dans sa globalité ;
  3. Le GEF-via le CCLME pour l’appui à l’élaboration et à la validation du plan d’urgence régionale de lutte contre la pollution ;
  4. La Fondation MAVA pour la finalisation et la mise en œuvre du protocole additionnel sur les normes et standards environnementaux sur le pétrole et le gaz offshore ;
  5. La République du Congo à travers son MINISTERE DE L’ECONOMIE FORESTIERE, DU DEVELOPPEMENT DURABLE ET DE L’ENVIRONNEMENT qui n’a ménagé aucun effort pour faire de ces consultations nationales une réussite.

   


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