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23.10.2019

Criminalité faunique et floristique : le rapport d’évaluation présenté au Ministre de l’Economie Forestière

Le rapport de mission d’évaluation concernant la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts, effectuée au Congo a été remis officiellement au Ministre de l’Economie Forestière, Mme Rosalie MATONDO au cours de la cérémonie de présentation dudit rapport organisée le 15 octobre 2019 à Brazzaville. C’était en présence de l’Ambassadeur, Chef de Délégation de l’Union Européenne au Congo, son Excellence Raul Mateus PAULA ainsi que des représentants des administrations et services impliqués dans les questions de lutte contre la criminalité encline à la faune et à la flore.


Mme Rosalie MATONDO recevant le rapport de l'ICCWC des mains de M. Ludovic D'HOORE

Réalisé par le consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages, en sigle ICCWC, regroupant cinq organisations internationales spécialisées en la matière à savoir l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), le secrétariat de la Convention sur le commerce des espèces de faune et flore menacées d’extinction (CITES), l’INTERPOL, l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) et la Banque Mondiale, ce rapport a été remis au Ministre de l’Economie Forestière par le Coordonnateur régional de l’ONUDC, M. Ludovic D’HOORE. Il fait suite à une demande formulée par le gouvernement congolais à l’ONUDC en 2015.
 Ce rapport est composé principalement de deux parties. La première présente l’état des lieux du secteur forestier congolais tandis que la seconde, plus grande, met en évidence les recommandations formulées. Son objectif principal est de contribuer à une première utilisation de la boite à outils du consortium ICCWC au Congo. Ses deux objectifs spécifiques consistent d’abord à l’évaluation de la menace pesant en matière de criminalité liée à la faune et aux forêts. Ensuite, à l’évaluation du dispositif en place pour y faire face.
L’analyse de la menace n’a révélé, par exemple, aucune information sur un trafic international du bois durant la mission. Elle a, par ailleurs, montré qu’il n’y a pas d’exploitation massive mais un déboisement lié à des facteurs sociaux. Et l’exploitation forestière y est mal régulée.
Le dispositif de riposte mentionne l’existence d’un arsenal juridique : une loi récente datant de 2008 spécifique à la faune et aux aires protégées édictant des pénalités substantielles. Cependant, le code pénal est très ancien. Il n’y a pas de lois internes pour lutter contre cette forme de Convention non transposé (CTO), la corruption et le blanchiment qui lui sont liés. En outre, la capacité d’application de la loi est très faible, mal structurée et peu orientée sur la CTO à tous les niveaux de la chaine pénale.
Et au nombre des solutions préconisées, le rapport évoque entre autres le renforcement de l’arsenal juridique à travers la sensibilisation des populations et l’élaboration de textes généraux pertinents et la mise en place des structures opérationnelles au niveau politique et administratif par l’opérationnalisation du conseil de l’Agence de la faune et des aires protégées mais également au niveau de la chaine pénale par la mise en place d’un pôle et d’une unité spécialisés à compétence nationale. De plus, le renforcement de la coopération internationale tant sur le plan judiciaire que sur le plan opérationnel figure aussi parmi les recommandations formulées par le consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages.
Dans son allocution de circonstance, à l’occasion, le Coordonnateur régional de l’ONUDC, a indiqué que « bien qu’il ait été rédigé il y’a quelques années déjà, les constats et recommandations qu’il contient restent éminemment pertinents pour répondre à l’insécurité, et pour renforcer les capacités institutionnelles et le capital humain, conformément aux objectifs du Plan National de Développement ». Aussi, les conclusions et recommandations du rapport contribueront - elles à orienter les actions de lutte contre le braconnage et la criminalité organisée qui menacent les espèces de faune et de flore sauvages, avec l’appui de l’ensemble des partenaires techniques du Congo, a commenté M. Ludovic D’HOORE.
De son côté, la Ministre de l’Economie Forestière a souligné que « Nonobstant les efforts consentis à ce jour par les pouvoirs publics dans la lutte contre le braconnage et le commerce illicite, force est de constater, malheureusement, que les réseaux mafieux continuent à exceller, utilisant des techniques de contrebande de plus en plus affinées (…) ». Face à ce tableau sombre et préoccupant, Mme Rosalie MATONDO estime « en sus de la solution proposée pour la création d’un réseau d’aires protégées dans la sous-région, il est plus que jamais nécessaire de faire usage des technologies sophistiquées couplées à une coopération technique internationale soutenue, justifiant ainsi l’implication de toutes les institutions de répression de nos Etats respectifs ».
Il sied de noter que les participants ont été aussi édifiés lors de la séance d’échange technique, sur le plan de travail pour le Congo du projet régional de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), portant renforcement des capacités des acteurs de la chaine pénale en matière de lutte contre la criminalité liée à la faune et à la flore, financé par l’Union européenne et mise en œuvre par l’ONUDC.

 

Auteur : Bienvenu LOUZOLO

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